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    CataractePublié le 12 octobre 20269 min de lecture

    L'opération de la cataracte, étape par étape

    L'opération de la cataracte se déroule en ambulatoire, le plus souvent sous anesthésie par gouttes. Par une incision de quelques millimètres, le chirurgien fragmente le cristallin opacifié par ultrasons, l'aspire, puis met en place un implant souple dans son enveloppe naturelle. Le geste dure quinze à trente minutes et la sortie a lieu le jour même.

    Chirurgien en tenue de bloc opératoire travaillant sous un microscope opératoire

    Avant le jour J : la consultation préopératoire et le bilan

    Tout commence en consultation, bien avant le bloc opératoire. Une fois l'indication posée, c'est-à-dire lorsque la gêne au quotidien n'est plus compensée par des lunettes adaptées, plusieurs mesures sont réalisées sur l'œil à opérer. La biométrie mesure la longueur de l'œil et la courbure de la cornée : ces deux chiffres servent à calculer la puissance de l'implant qui remplacera le cristallin. Un examen de la macula par tomographie à cohérence optique est souvent ajouté pour vérifier que la rétine centrale ne limitera pas le résultat. Si vous portez des lentilles de contact, il vous sera demandé de les retirer quelques jours avant ces mesures.

    C'est aussi à ce moment que se discute le type d'implant, en fonction de vos activités et de ce que vous attendez de votre vision après l'intervention. Un document d'information écrit vous est remis, ainsi qu'un formulaire de consentement à signer après un délai de réflexion. Si vous n'êtes pas certain que le moment est venu, notre article quand faut-il se faire opérer de la cataracte détaille les critères de décision.

    Une consultation avec un médecin anesthésiste est obligatoire avant l'intervention, quelle que soit la technique d'anesthésie prévue. Elle permet de passer en revue vos traitements, vos antécédents et vos éventuelles allergies, et de choisir avec vous le mode d'anesthésie. Un bilan sanguin n'est pas systématique. Si vous fumez, arrêter six à huit semaines avant l'intervention réduit le risque de complications.

    Le matin de l'intervention : l'accueil et la préparation

    L'opération de la cataracte se pratique en chirurgie ambulatoire : vous arrivez le matin et vous repartez le jour même. Les consignes précises concernant le jeûne, la prise de vos médicaments habituels et l'heure d'arrivée vous sont données lors de la consultation d'anesthésie. Elles dépendent de la technique retenue et doivent être suivies à la lettre, car un oubli peut conduire à reporter l'intervention.

    Prévoyez une tenue confortable, sans maquillage ni crème sur le visage, et surtout une personne pour vous raccompagner : la sortie n'est autorisée que si vous êtes accompagné, et la conduite est exclue le jour de l'opération.

    La préparation est l'étape la plus longue de la journée, souvent plus longue que l'intervention elle-même. Après l'accueil administratif et la vérification de votre identité et de l'œil à opérer, des collyres sont instillés à plusieurs reprises pour dilater la pupille, ce qui prend une bonne demi-heure. La peau autour de l'œil est ensuite désinfectée. Un calmant peut vous être proposé si vous êtes anxieux.

    L'anesthésie : des gouttes, le plus souvent

    Depuis 2020, l'anesthésie dite topique, c'est-à-dire par gouttes ou par gel anesthésiant déposé sur l'œil, parfois complétée par une petite quantité d'anesthésique injectée directement dans l'œil en début d'intervention, est la technique de référence en première intention. L'œil est insensibilisé, mais vous restez éveillé et vous entendez l'équipe. Une sédation légère par voie intraveineuse peut y être associée pour vous détendre ; son effet est rapide et compatible avec un retour à domicile dans la journée.

    Dans certaines situations, par exemple une intervention prévue plus longue, une cataracte compliquée ou un geste combiné, l'anesthésiste peut préférer une anesthésie locorégionale, par injection autour de l'œil, sous la conjonctive ou dans l'orbite. L'injection derrière le globe, dite rétrobulbaire, n'est plus recommandée en raison de ses complications.

    L'anesthésie générale reste l'exception chez l'adulte. Elle est réservée à l'enfant, à l'adulte jeune, et aux personnes qui ne peuvent pas bénéficier des autres techniques : impossibilité de rester allongé sur le dos, maladie neurologique rendant la coopération difficile, anxiété majeure ou allergie aux anesthésiques locaux. Dans tous les cas, un médecin anesthésiste est présent sur place et assure la surveillance pendant l'intervention.

    L'intervention elle-même, minute par minute

    Vous êtes installé sur le dos, la tête calée, sous un microscope opératoire. Un champ stérile recouvre le visage en laissant l'œil découvert, et un petit écarteur maintient les paupières ouvertes pour que vous n'ayez pas à vous soucier de cligner. De votre côté, l'œil opéré perçoit la lumière du microscope, des couleurs et des mouvements, mais aucune image nette : vous ne voyez pas les instruments.

    Le chirurgien pratique une incision de quelques millimètres au bord de la cornée, parfois assistée par un laser. Il ouvre ensuite la face avant de la capsule, cette fine enveloppe transparente qui entoure le cristallin. Une sonde à ultrasons, introduite par l'incision, fragmente le cristallin opacifié et aspire les débris : c'est la phacoémulsification. La capsule, elle, est laissée en place dans la quasi-totalité des cas, car c'est elle qui va accueillir l'implant.

    L'implant, souple et plié dans un injecteur, est glissé par la même incision et se déploie de lui-même dans la capsule. Un antibiotique est injecté dans l'œil pour prévenir l'infection. Dans la plupart des cas, l'incision est suffisamment petite pour se refermer seule, sans point de suture, grâce au léger gonflement des tissus. Ce geste dure habituellement de quinze à trente minutes. Il est indolore ; une sensation de pression ou de contact est possible, mais pas de douleur. Si quelque chose vous gêne, vous pouvez le dire : l'équipe vous entend.

    Les incidents pendant l'intervention sont rares. Le plus fréquent est une rupture de la capsule, observée dans moins de 5 % des cas, qui peut compliquer la pose de l'implant et conduire le chirurgien à adapter son geste.

    L'implant qui remplace le cristallin

    L'implant est une lentille en matériau biocompatible, posée définitivement : il ne s'use pas, ne s'opacifie pas et n'a pas à être changé. Sa puissance a été calculée lors de la biométrie, ce qui explique l'importance de ces mesures préopératoires.

    L'implant monofocal est le plus utilisé. Il donne une vision nette à une seule distance, le plus souvent de loin, et des lunettes restent nécessaires pour lire. Les implants toriques corrigent un astigmatisme préexistant. Les implants multifocaux ou à profondeur de champ étendue visent à réduire la dépendance aux lunettes à plusieurs distances, mais ils ont des contre-indications, peuvent provoquer des halos la nuit et entraînent un surcoût. Ce choix a été fait avec vous en consultation, il n'est pas décidé au bloc opératoire. Le détail des types d'implants et de leurs compromis figure sur notre page la chirurgie de la cataracte.

    Juste après : la sortie, les premières heures et les premiers jours

    À la fin de l'intervention, une coque ou un pansement protège l'œil. Vous restez quelque temps en salle de surveillance, puis vous pouvez rentrer chez vous, accompagné. Chez la plupart des personnes, la vision s'améliore dès les premières heures ou les premiers jours, parfois avec un peu de retard lorsque la cornée est encore légèrement œdématiée. Une sensation de grain de sable, un larmoiement, une rougeur modérée et une gêne à la lumière sont habituels et s'estompent en quelques jours.

    Les collyres prescrits, antibiotiques et anti-inflammatoires, sont à instiller selon l'ordonnance pendant toute la durée indiquée, même si l'œil paraît parfaitement normal. La coque se porte la nuit pendant la période prescrite, après nettoyage à l'eau et au savon. Pendant une semaine, il ne faut ni frotter l'œil ni se maquiller. Pendant environ un mois, évitez les efforts violents, le port de charges lourdes, les milieux poussiéreux et les chocs sur l'œil ; la natation et les sports intenses attendent trois à quatre semaines.

    Un premier contrôle a lieu dans les jours qui suivent, souvent dès le lendemain, puis un second vers un mois. C'est à ce stade, une fois la vision stabilisée, que de nouvelles lunettes sont prescrites si nécessaire. La reprise du travail dépend de l'activité : environ trois jours pour un poste sédentaire, deux semaines environ pour un travail physique, la durée exacte étant fixée par l'ophtalmologiste. La conduite reprend lorsque la vision est jugée suffisante au contrôle.

    Les signes qui doivent faire appeler, et le second œil

    Les complications graves sont rares : une infection intraoculaire survient dans moins d'un cas sur mille, et l'ensemble des complications postopératoires concerne environ 2 % des interventions. Elles sont d'autant mieux traitées qu'elles sont repérées tôt. Vous devez contacter rapidement le cabinet ou le service où vous avez été opéré en cas de douleur de l'œil, de baisse de la vision après une amélioration initiale, d'œil rouge avec écoulement, de paupières gonflées et collées, d'un voile noir dans le champ de vision ou d'éclairs lumineux.

    À distance, parfois plusieurs années après, la capsule laissée en place peut s'opacifier : c'est la cataracte secondaire, qui concerne plus de 30 % des personnes opérées. Elle donne l'impression que la cataracte revient, alors que l'implant est intact. Elle se traite en consultation par un laser, en quelques minutes, sans nouvelle chirurgie.

    Lorsque les deux yeux sont atteints, ils ne sont pas opérés le même jour dans la pratique courante. Le premier œil est opéré, son résultat est vérifié, puis le second est programmé quelques semaines plus tard. Ce délai permet d'ajuster si besoin le choix de l'implant du second œil et de limiter la période où les deux yeux ont des corrections très différentes. Si vous vous interrogez sur les signes qui ont conduit à ce diagnostic, l'article sur les premiers symptômes de la cataracte les reprend un par un.

    Questions fréquentes

    Ce qu'il faut retenir

    • L'intervention se fait en ambulatoire, sous anesthésie par gouttes le plus souvent, et le geste dure de quinze à trente minutes : la préparation est plus longue que l'opération.
    • Le cristallin opacifié est fragmenté par ultrasons et remplacé par un implant souple, mis en place dans son enveloppe naturelle, par une incision qui se referme le plus souvent sans suture.
    • Les collyres, la coque la nuit et les contrôles des premiers jours sont à respecter à la lettre ; douleur, baisse de vision ou œil rouge avec écoulement doivent faire appeler sans attendre.

    Pour aller plus loin : La chirurgie de la cataracte.

    Sources

    Dr Marion Le Lan-Diot, ophtalmologue spécialisée en strabisme et ophtalmologie pédiatrique

    Rédigé et relu par le Dr Marion Le Lan-Diot, ophtalmologue spécialiste du strabisme et de l'ophtalmologie pédiatrique — dernière relecture le 12 octobre 2026

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